lundi 25 mai 2009

Loin de la grêle

Je cours les routes du centre du Gers sous un ciel bas qui ne me laisse guère l'espoir de rencontrer une situation photogénique. Fait soudain irruption un vent d'ouest très frais qui pousse un peu de crachin en faisant glisser les nuages au ras des collines. Sachant que la température atteint 30° au-delà de Toulouse, j'ai idée qu'il va se passer quelque chose à l'est, là où cette fraicheur atlantique rencontrera l'air chaud du Lauragais. Quelques songes numériques rêvés au cœur de distants calculateurs géants insistent quand à la formation d'une ligne de convergence méridienne à la limite du Gers et de la Haute-Garonne, ce qui, associé à pareil contraste de masse d'air, promet l'orage.
Mais la beauté de la lumière qui inonde les coteaux du coté de Castillon-Debats me fait préférer l'ouest. Je crains de lâcher la proie pour l'ombre, et c'est exactement ce que je fais ...
Bon, j'obtiens quand même ce joli panoramique du coté du lac Saint-Jean :

Mes considérations bucoliques sont soudain interrompues. Mirer les bovidés ne m'empêche pas de garder un oeil sur la ligne de nuage qui fermente en direction de l'est. Et justement, elle vient de donner naissance à une gigantesque boursoufflure. Un cumulonimbus des plus vigoureux, qui s'élève et se pare aussitôt d'une enclume épaisse. Je suis à Peyruse-Grande, et le relèvement de l'azimut de la bête allié à un coup d'œil sur la carte me détermine dans le choix d'une trajectoire de poursuite vers l'est-nord-est. Voici un cliché pris au vol alors que j'approche de L'Isle-de-Noé :


La verticalité de la cheminée d'alimentation me persuade du caractère grêligène de cette cellule explosive. Mais les dizaines de kilomètres s'enchainent et je me rends compte que je ne m'en approche pas, ma progression ne fait que compenser la course du monstre.
J'abandonne la poursuite du coté d'Aubiet, alors que le cumulonimbus s'est déjà passablement déstructuré. J'apprendrais ensuite qu'il délivra des grêlons de choix sur une partie de l'agglomération toulousaine, pour la plus grande joie des automobilistes présents en masse sur la rocade à l'heure de pointe. Soixante-dix milles voitures cabossées : cet orage exigeait un public nombreux.

En soirée et jusqu'à la nuit, le spectacle continu. Si je perds l'espoir, par ce ciel devenu trop clément, de pouvoir côtoyer le tonnerre, je ne perds par contre pas une miette de l'ouvrage que poursuit le Peintre Infatigable :



2 commentaires:

Merlin a dit…

Des photographies toujours aussi spectaculaires à mes yeux !
J'ai essayé de photographier récemment un lever de soleil en Normandie. Je dois vous avouer que ce ne sont pas mes sujets habituels (mes principaux sujets étant les ruines, les châteaux, en noir & blanc). Là, j'ai tenté la couleur. Pouvez-vous me dire ce que vous en pensez ? Je vous donne l'adresse :
http://leblogdemerlin.blogspot.com/2009/06/lever-de-soleil-sur-la-lande.html

Ad'a a dit…

Peintre infatigable
Ciels médiévaux
Drapés interdits...
Ad'a