jeudi 7 février 2008

Barbe mouillée

Ce matin à nouveau le brouillard et un souffle d'est se combinent pour mouiller la campagne. Chaque obstacle au vent collecte d'innombrables gouttelettes en suspension. On n'y voit pas à cent mètres et des gouttes tombent de chaque branche, dans les bois c'est comme s'il pleuvait doucement.
C'est encore une fois l'humble mousse qui coiffe les murs qui va retenir mon attention, et je plonge avec délices dans les joies de la macrophotographie. Les sporogones ( = les "poils") de la funaire des muraille captent très bien l'eau que porte le mouvant brouillard, et une foule de petites perles liquides étincelle dans la barbe verte des vieilles pierres. Dans une élégante continuité de lignes où la structure végétale s'allie, hasard ou nécessité, aux fluides inflexions dictées par la tension superficielle, voici une petite goutte semblable à un précieux flacon nanti de son capuchon :


Grâce à la macrophotographie, je découvre à quel point l'eau peut se suspendre en énorme masse molle, contenue dans cette "pellicule élastique qui est l’épiderme de l’eau", chère au professeur Faustroll.



(Pentax K10D, 35/2.8 Pentax à f/8 et bague-allonge, 100 iso, 1/10 s sans trépied, exposition et mise au point manuelles)

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