Je n'aime pas courir à la rencontre de ces orages qui se drapent dans une atmosphère brumeuse, environnés d'une visibilité médiocre, dans un air encombré de nuages parasites et où les structures vigoureuses ne se devinent que comme d'affligeants fantômes.
Et ce 2 août est une de ces journées. Je cours à droite, à gauche, les cumulonimbus enfin décelés se dérobent en fuyant ou bien encore ne m'offrent que le spectacle de leurs racines pathétiques, incapables de téter de nouvelles provendes issues des basses couches tandis que s'effondrent les tourmentes espérées.
Plein d'espoir, j'ai filé d'abord vers l'ouest, jusqu'à Cassaigne, pour obliquer ensuite vers le sud et rejoindre Lagardère. Pitoyable épuisement convectif, le tonnerre n'est déjà plus qu'un souvenir. Mais l'espoir renaît, avec un bourgeonnement explosif en direction d'Auch. Cap à l'est en vue de l'intercepter (car cet orage nouveau-né fonce vers le nord-est). Et c'est du coté de Jegun que je devine cette base d'alimentation en train de connaitre un paroxysme convectif que trahi un vigoureux collier turbulent, tandis que sa base stratiforme révèle la stabilité de la masse d'air à l'étage inférieur :

J'opte pour le proche point de vue des Moulin de Sainte-Marie, et j'y obtient cette séquence accélérée qui a le bon goût de mettre en évidence les vifs cisaillements prévalant à la construction de la bête :
Beaucoup d'impact de foudre semblent concerner le secteur situé au nord de Auch, mais je suis trop loin. Avec l'espoir d'intercepter la partie la plus virulente de l'orage, je remet le cap à l'est et passe au pied du splendide village de Lavardens, sur lequel plane un ciel de colère :
(A suivre ...)